CSE · SSCT

Formation SSCT — Membres du CSE

Référentiel DIRECCTE · 17 séquences · Mise à jour réglementaire juin 2026 · HABANE Jawad

👨‍🏫
HABANE Jawad
habanejawad@gmail.com
Progression
0%
📚 Référentiel DIRECCTE · Formation agréée · 2024–2025

Formation SSCT
pour membres du CSE

Développez toutes les compétences pour exercer pleinement votre mission en Santé, Sécurité et Conditions de Travail.

4
Modules
17
Séquences
65
Questions
≈5j
Formation
👨‍🏫
Application créée par HABANE Jawad
Formateur Pluridisciplinaire · Ex-Sapeur-Pompier de Paris (BSPP) · 18+ ans d'expérience
Pour toute suggestion, remarque ou demande d'amélioration : ✉️ habanejawad@gmail.com
🎯 Objectifs de formation
  • Comprendre les enjeux de la prévention et le rôle des acteurs
  • Maîtriser les droits et prérogatives du CSE en SSCT
  • Analyser les situations de travail et identifier les risques
  • Agir, alerter, proposer des mesures de prévention
  • Communiquer efficacement et émettre des avis motivés
  • Mener une enquête après accident du travail
📌 Public & prérequis
  • Membres titulaires et suppléants du CSE
  • Référents SSCT et représentants de proximité
  • Tout représentant du personnel impliqué en SSCT
  • Aucun prérequis — formation accessible à tous
  • Durée : 5 jours (1er mandat, conforme Code du travail)
🔔 Mises à jour réglementaires intégrées — 2025/2026
  • Décret n°2025-482 du 27 mai 2025 — Risques chaleur intense obligatoires dans le DUERP (en vigueur 1er juillet 2025)
  • Décret n°2025-748 du 1er août 2025 — Passeport de prévention : déclaration formations SST obligatoire (organismes : sept. 2025 ; employeurs : mars 2026)
  • Cass. soc. 26 fév. 2025 — Composition CSSCT : siège obligatoire pour le 3e collège cadres (d'ordre public)
  • Art. L.2312-17 CT — CSRD — Consultation CSE obligatoire sur les informations de durabilité (depuis janv. 2025 pour grandes entreprises)
  • Formation SSCT — art. L.2315-18 — 5 jours obligatoires dès 11 salariés (titulaires ET suppléants), non déductible des heures de délégation
  • DUERP numérique — Dépôt sur portail Ministère du Travail obligatoire depuis 2024 (≥150 sal.) et 2025 (<150 sal.)
🗺️ Parcours de formation
Module 1 · Fondamentaux SSCT — 4 séquences
CSE et SSCT, cadre légal, 9 principes de prévention, statistiques AT/MP
Module 2 · Acteurs & Pouvoirs — 4 séquences
Acteurs internes/externes, droits du CSE, droit d'alerte, enquêtes AT
Module 3 · Analyse des risques — 5 séquences
Observation terrain, DUERP, RPS, TMS/ergonomie, risques chimiques
Module 4 · Action & Communication — 4 séquences
Promotion, veille/expertise, consultation, négociation
Évaluations — 3 quiz (seuil 70%) + attestation
Deux quiz intermédiaires + examen final + attestation de formation imprimable
📘 Module 1 · Séquence 1/4

Le CSE en matière de SSCT

Comprendre l'instance, ses missions et les quatre grandes fonctions des membres en SSCT.

Historique — De l'ancien CHSCT au CSE

Avant 2017, les entreprises de 50 salariés et plus disposaient du CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail), instance dédiée à la santé-sécurité au travail. Les ordonnances Macron de septembre 2017 ont fusionné CE, CHSCT et DP en une instance unique : le Comité Social et Économique (CSE), obligatoire depuis le 1er janvier 2020.

La disparition du CHSCT n'a pas supprimé ses attributions : elles ont été intégralement transférées au CSE, qui dispose des mêmes pouvoirs dans les entreprises de 50 salariés et plus. Dans les entreprises de 300 salariés et plus, une Commission SSCT (CSSCT) doit obligatoirement être créée au sein du CSE pour préparer les travaux SSCT.

⚠️ La CSSCT ne peut pas se substituer au CSE pour rendre des avis. Elle prépare les travaux, mais c'est le CSE en séance plénière qui délibère et vote.
💡 Jurisprudence 2025 — Composition de la CSSCT (Cass. soc. 26 fév. 2025) : Lorsqu'un 3e collège électoral "cadres" est instauré dans l'entreprise, un siège de la CSSCT doit obligatoirement être attribué à un élu cadre. Cette règle est d'ordre public — aucun accord ni décision unilatérale ne peut y déroger. En cas de démission du représentant cadre, son remplacement doit se faire par un membre du 3e collège.
Composition et heures de délégation
EffectifTitulairesDélégation/moisRéunions/anCSSCT obligatoire
11 à 24 sal.110hVariableNon
25 à 49 sal.210hVariableNon
50 à 74 sal.418h4 min. (dont 2 SSCT)Non
100 à 299 sal.6 à 921h4 min.Non
300 sal. et plus11 à 3521 à 34h4 min. min.Oui
💡 Les heures de délégation peuvent être mutualisées entre membres (max 1,5× le crédit mensuel individuel) et annualisées dans la même limite. Elles sont payées comme du temps de travail effectif, sans autorisation préalable requise.
Les 4 grandes fonctions SSCT du CSE
  • Analyser les risques en prenant en compte les dimensions techniques, organisationnelles ET humaines
  • Veiller au respect des dispositions législatives et réglementaires en matière d'hygiène et sécurité
  • Proposer des mesures de prévention et d'amélioration des conditions de travail
  • Assurer le suivi de la mise en œuvre des actions décidées
  • Exercer le droit d'alerte en cas de danger grave et imminent ou d'atteinte aux droits fondamentaux
  • Informer les salariés sur les risques, leurs droits, les actions du CSE
  • Participer à la préparation de la formation sécurité des salariés (accueil, formations obligatoires)
  • Faire connaître la mission SSCT du CSE auprès de l'ensemble du personnel
  • Rédiger et diffuser les procès-verbaux de réunion SSCT
  • Inclure tous les travailleurs : intérimaires, CDD, sous-traitants, visiteurs
  • Surveiller la préservation de la santé et les risques émergents
  • Veille réglementaire : suivre les évolutions du Code du travail, des normes, des décrets
  • Veille technologique : anticiper les impacts des nouvelles technologies
  • Anticiper les projets de l'entreprise susceptibles d'impacter les conditions de travail
  • Mobiliser des ressources externes : expert agréé, inspection du travail, SPST, CARSAT
  • Être informé par l'employeur sur toutes les questions SSCT (documents, rapports, statistiques)
  • S'informer auprès des salariés en situation réelle de travail — aller sur le terrain
  • Être consulté sur tous les projets touchant aux conditions de travail avant leur mise en œuvre
  • Émettre un avis motivé : argumenté, référencé, proposant des alternatives si nécessaire
  • Suivre les suites données par l'employeur aux avis rendus
Compétences générales & spécifiques — Référentiel DIRECCTE
🧩 Compétences générales
  • Comprendre les enjeux de la prévention
  • Connaître le rôle des acteurs internes et externes
  • Maîtriser les droits et pouvoirs du CSE
  • Se positionner en représentant de tous les salariés
  • Maîtriser l'expression orale, écrite, la dynamique de groupe
  • Savoir observer, questionner, analyser
🔧 Compétences spécifiques
  • Analyser les risques (méthodes et outils)
  • Mener une enquête après accident du travail
  • Rédiger un rapport, un PV, un avis motivé
  • Utiliser le Code du travail et la réglementation
  • Exercer le droit d'alerte en pratique
  • Mobiliser les ressources externes adaptées
📘 Module 1 · Séquence 2/4

Cadre légal & réglementaire SSCT

Maîtriser l'architecture juridique, les textes fondateurs et les obligations légales de l'employeur.

Hiérarchie des normes
  1. Constitution française & Préambule de 1946 — Droit à la protection de la santé et à la sécurité au travail. Valeur supra-législative, socle de tout le droit social.
  2. Directive-cadre européenne 89/391/CEE (12 juin 1989) — Texte fondateur du droit européen de la prévention. Transposée en France par la loi du 31 décembre 1991, elle est à l'origine des 9 principes généraux de prévention.
  3. Code du travail — Livre II, Titre I — Articles L.4121-1 et suivants. Obligation générale de sécurité de l'employeur. Source principale du droit SSCT en France.
  4. Décrets et arrêtés — Précisent les modalités d'application : CMR, bruit, vibrations, signalisation, amiante, travaux en hauteur, appareils de levage...
  5. Normes AFNOR / EN / ISO — Non obligatoires sauf si référencées dans un texte réglementaire. Constituent l'état de l'art reconnu.
  6. Accords de branche et d'entreprise — Peuvent améliorer le socle légal mais jamais le dégrader (principe de faveur).
Articles du Code du travail à maîtriser
ArticleObjetNiveau
L.4121-1Obligation générale de sécurité de l'employeurFondamental
L.4121-29 principes généraux de préventionFondamental
L.4131-1Droit de retrait du salarié face à un DGIFondamental
L.4132-1Droit d'alerte du représentant du personnelFondamental
L.2312-5Attributions générales du CSEEssentiel
L.2312-8Consultation obligatoire sur les conditions de travailEssentiel
L.2315-18Droit à la formation SSCT des membres du CSE (titulaires et suppléants, ≥ 11 sal.)Essentiel
L.2316-1Délit d'entrave au fonctionnement du CSEImportant
L.4614-12Recours à un expert agréé par le CSEImportant
R.4121-1DUERP — Obligation et contenuImportant
Évolution de l'obligation de sécurité — Jurisprudence
Avant 2002 — Obligation de moyens
L'employeur devait prouver qu'il avait pris des mesures raisonnables. Responsabilité engagée uniquement en cas de faute prouvée.
Arrêt Amiante — 28 février 2002
Révolution : obligation de sécurité de RÉSULTAT. L'employeur est responsable dès qu'un salarié est atteint d'une MP, même sans faute prouvée de sa part.
Arrêts Snecma & suivants (2015–2019) — Nuance
L'employeur peut s'exonérer s'il prouve avoir pris toutes les mesures de prévention nécessaires. Glissement vers une obligation de moyens renforcée.
Loi Santé au travail — 2 août 2021
Renforcement prévention primaire, DUERP conservé 40 ans, passeport prévention, médecine du travail → SPST (Services de Prévention et de Santé au Travail).
Obligations concrètes de l'employeur

📋 Obligations documentaires

  • Tenir et mettre à jour le DUERP (annuellement)
  • Élaborer le PAPRIPACT (50 sal. et +)
  • Rédiger le rapport annuel SSCT
  • Tenir le registre des accidents bénins et le registre DGI
  • Déclarer les AT à la CPAM sous 48h

🛠️ Obligations pratiques

  • Informer et former les salariés à la sécurité
  • Mettre à disposition des EPI adaptés et gratuits
  • Assurer les vérifications périodiques obligatoires
  • Organiser les visites médicales du travail
  • Consulter le CSE avant toute décision SSCT
  • Financer la formation SSCT des élus du CSE
✅ Le CSE peut demander à l'employeur la preuve de l'exécution de ces obligations à tout moment. En cas de manquement, il peut saisir l'inspection du travail.
📘 Module 1 · Séquence 3/4

Les 9 principes généraux de prévention

Comprendre, mémoriser et appliquer les principes fondamentaux de toute démarche de prévention.

Les 9 principes — Article L.4121-2 CT

Ces principes s'imposent à tout employeur. Ils sont ordonnés par priorité : éviter le risque est toujours préférable à le réduire. Le membre du CSE doit s'y référer pour évaluer la qualité des mesures prises.

  1. Éviter les risques — Supprimer le danger à la source. Ex : remplacer une substance cancérogène par une non dangereuse. Mesure la plus efficace.
  2. Évaluer les risques non évitables — Identifier, analyser et classer tous les risques résiduels. Base du DUERP.
  3. Combattre les risques à la source — Agir dès la conception (machines, locaux, procédés). Plus on agit tôt, plus c'est efficace.
  4. Adapter le travail à l'homme — Ergonomie des postes, organisation du temps de travail, rythme adapté. Ne pas faire l'inverse.
  5. Tenir compte de l'évolution technique — Intégrer les nouvelles technologies plus sûres. L'état de l'art évolue.
  6. Remplacer ce qui est dangereux — Substitution des produits, méthodes ou équipements dangereux par du moins dangereux.
  7. Planifier la prévention — Programme annuel avec objectifs, délais, responsables, indicateurs. La prévention s'anticipe.
  8. Priorité aux mesures de protection collective (EPC) — Aspiration, capotage, protecteur de machine AVANT le masque ou les gants.
  9. Donner les instructions appropriées — Former, informer, instruire les salariés sur les risques et les mesures de prévention.
💡 Moyen mnémotechnique : É-É-C-A-T-R-P-C-I → "Étudie Et Combats Avec Toutes Tes Ressources Pour des Conditions Idéales"
Danger · Risque · Dommage — Définitions précises
⚠️ DANGER

Propriété intrinsèque d'un agent pouvant causer un dommage à la santé.

Ex : l'électricité, le benzène, une lame coupante

🎯 RISQUE

Probabilité × Gravité du dommage potentiel. Un risque peut être maîtrisé même si le danger existe.

Ex : risque électrique = probabilité d'électrisation × gravité potentielle

🏥 DOMMAGE

Conséquence concrète de la réalisation du risque : blessure, maladie, décès.

Ex : fracture, surdité pro, burn-out

🧩 Cas pratique — Appliquer les 9 principes

Situation : Un opérateur travaille sans carter de protection sur une machine de découpe à cadence soutenue, 8h/jour.

P1 → Peut-on supprimer les lames ? Non (nécessaires au procédé). P3 → Combattre à la source : concevoir un carter de sécurité interverrouillé (EPC). P4 → Adapter : rotation des postes pour réduire la fatigue. P7 → Planifier : maintenance préventive du carter. P8 → EPC avant EPI : le capot de sécurité prime sur les gants.

Les 3 niveaux de prévention
🟢 Primaire

Agir AVANT que le risque se réalise. Supprimer ou réduire la source. Objectif prioritaire.

Ex : remplacer produit CMR, ventilation aspirante

🟡 Secondaire

Agir PENDANT l'exposition. Réduire l'impact. Dépistage précoce.

Ex : suivi médical renforcé, rotation des postes, EPI

🔴 Tertiaire

Agir APRÈS le dommage. Limiter les séquelles, favoriser la réinsertion.

Ex : reclassement, aménagement poste, cellule psycho

⚠️ Les entreprises investissent trop souvent en prévention tertiaire (réparation) et pas assez en prévention primaire (suppression). Le rôle du CSE est de pousser vers une prévention en amont.
📘 Module 1 · Séquence 4/4

Accidents du travail & Maladies professionnelles

Définitions, statistiques, procédures de déclaration et indicateurs de sinistralité.

Définitions légales
🚧 Accident du Travail

Accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail. Critères cumulatifs : fait accidentel soudain, lésion corporelle ou psychique, relation de causalité avec le travail.

Inclut l'accident de trajet (domicile ↔ travail ; travail ↔ restaurant).

🦠 Maladie Professionnelle

Maladie figurant dans un tableau MP (+ de 100 tableaux) ou reconnue après expertise si hors tableau. Critère : exposition professionnelle habituelle avérée.

Ex : surdité prof. (tab. 42), amiante (tab. 30), TMS (tabs. 57, 97, 98)…

Chiffres clés en France
~600 000
AT avec arrêt / an
~700
Décès par AT / an
~47 000
MP reconnues / an

Les TMS représentent environ 87% des MP reconnues. Les secteurs les plus touchés : BTP, industries, aide à la personne, commerce et distribution.

💡 Coût moyen d'un AT grave : entre 6 000€ et 60 000€ (coûts directs + indirects). La prévention est toujours moins coûteuse que la réparation — argument économique décisif face à la direction.
Indicateurs de sinistralité — Outils du CSE
IndicateurFormuleInterprétation
Taux de fréquence (TF)(Nb AT avec arrêt × 10⁶) / Heures travailléesNb d'AT pour 1 million d'heures travaillées. Comparer à la moyenne de branche.
Taux de gravité (TG)(Nb jours perdus × 10³) / Heures travailléesJournées perdues pour 1000h. Mesure la sévérité des AT.
Indice de fréquence (IF)(Nb AT × 1000) / EffectifNb d'AT pour 1000 salariés. Comparable entre secteurs.
Taux d'absentéisme(Nb jours absences / Nb jours théoriques) × 100Signal d'alerte RPS si anormalement élevé dans un service.
💡 Le CSE accède à ces statistiques via le rapport annuel SSCT présenté par l'employeur. Comparer les données de l'établissement aux moyennes nationales de branche (disponibles sur ameli.fr/AT-MP).
Procédure de déclaration AT
  1. Le salarié informe son employeur dans la journée ou au plus tard dans les 24h
  2. L'employeur déclare l'AT à la CPAM dans les 48h (hors dimanches et jours fériés)
  3. Le salarié consulte un médecin qui établit le Certificat Médical Initial (CMI)
  4. La CPAM instruit le dossier et se prononce dans les 30 jours
  5. En cas de refus, recours possible devant la Commission de Recours Amiable (CRA)
⚠️ Le CSE doit être attentif aux sous-déclarations d'AT (accidents "arrangés" en accidents de droit commun ou non signalés). Il peut demander à consulter le registre des accidents bénins et alerter l'IT en cas de suspicion.
📗 Module 2 · Séquence 1/4

Acteurs de la prévention

Cartographier tous les acteurs internes et externes, leurs missions et leur relation avec le CSE.

Acteurs internes à l'entreprise
ActeurRôle SSCTRelation avec le CSE
EmployeurPremier responsable de la sécurité. Définit la politique prévention, alloue les ressources.Interlocuteur principal en réunion. Tenu de le consulter et de répondre à ses demandes.
EncadrementApplique et fait appliquer les consignes. Remonte les informations. 1er relais de prévention.Le CSE peut signaler les comportements d'encadrement contraires à la sécurité.
Service QHSEAnime la démarche prévention, rédige le DUERP, suit les indicateurs AT/MP.Source de données et d'expertise. Le CSE garde son indépendance d'analyse.
Médecin du travail / SPSTSurveillance santé, aptitude, actions en milieu de travail, conseil prévention.Peut être invité aux réunions SSCT du CSE. Collabore aux enquêtes AT.
Référent harcèlement CSEOrienter, informer et accompagner les salariés victimes de harcèlement.Désigné parmi les membres du CSE. Obligatoire dans les entreprises ≥ 250 sal.
SalariésObligation de sécurité individuelle, signalement des dangers, participation.Informateurs clés du CSE. Le membre du CSE recueille leur parole sur le terrain.
Acteurs externes — Contrôle, conseil et expertise

🏥 Santé & Prévention

  • SPST (ex médecine du travail) — Surveillance médicale, actions en milieu de travail
  • CARSAT / CRAMIF (IDF) — Prévention AT/MP, tarification, contrôle des établissements à risque
  • INRS — Recherche, expertise, documentation prévention (inrs.fr)
  • ANACT / ARACT — Conditions de travail, prévention RPS, accompagnement

⚖️ Contrôle & Expertise

  • DREETS / Inspection du travail — Contrôle, conseil, mise en demeure, PV
  • OPPBTP — Prévention dans le BTP uniquement
  • Experts agréés CSE — Mission sur décision du CSE (liste officielle Ministère du Travail)
  • Organismes accrédités — Vérifications périodiques (COFRAC, IPRP…)
💡 Le CSE peut contacter directement l'inspection du travail (DREETS) ou le SPST sans passer par l'employeur. Ce droit est protégé par la loi et fondamental à l'exercice du mandat.
Entreprises extérieures — Coactivité et plans de prévention

Quand plusieurs entreprises interviennent sur un même site, la coactivité crée des risques d'interférence supplémentaires. Des dispositifs réglementaires encadrent ces situations :

  • Plan de Prévention (PP) — Obligatoire pour travaux dangereux ou dépassant 400h/an. Rédigé conjointement employeur utilisateur et prestataire. Le CSE doit pouvoir le consulter.
  • Protocole de sécurité — Obligatoire pour les opérations de chargement/déchargement. Définit les règles de sécurité sur les quais et aires de manœuvre.
  • Inspection commune préalable — Avant le début des travaux : l'employeur utilisateur et l'entreprise extérieure inspectent les lieux ensemble.
⚠️ Les travailleurs des entreprises extérieures sont statistiquement 2 fois plus accidentés que les permanents. Le CSE doit s'assurer qu'ils reçoivent les informations et formations de sécurité nécessaires.
📗 Module 2 · Séquence 2/4

Droits & Prérogatives du CSE en SSCT

Connaître et exercer tous les droits du CSE pour agir efficacement en faveur des salariés.

Les 4 grands moyens d'action
🕐 Heures de délégation
  • Payées comme temps de travail effectif
  • Pas d'autorisation préalable requise de l'employeur
  • Mutualisables entre membres (max 1,5× crédit mensuel)
  • Annualisables dans la même limite
  • Utilisables partiellement par les suppléants
🎓 Formation SSCT
  • 5 jours pour un 1er mandat (toute entreprise ≥ 11 sal.)
  • 3 jours en renouvellement de mandat
  • Financée intégralement par l'employeur
  • Organisme agréé par la DREETS (liste publiée au JO régional)
  • Prise sur temps de travail et rémunérée (art. L.2315-16)
  • Non déductible des heures de délégation — c'est du temps de travail effectif
🔍 Inspections & Enquêtes
  • Inspections régulières des lieux de travail (trimestriel recommandé)
  • Enquêtes obligatoires après AT grave ou MP grave
  • Accès à tous les locaux, y compris les zones de production
  • Accompagné du représentant de l'employeur lors des enquêtes AT
🧑‍💼 Recours à l'expert
  • Vote CSE à la majorité des membres présents
  • Risque grave → coût 100% employeur
  • Projet important → coût 100% employeur
  • Autres cas → 80% budget CSE / 20% employeur
  • Liste officielle : site Ministère du Travail
Protection des membres du CSE
BénéficiairesDurée de protection
Membres titulaires et suppléants du CSEPendant le mandat + 6 mois après
Représentants syndicaux au CSEPendant le mandat + 6 mois après
Candidats aux élections6 mois à compter du dépôt de candidature
Anciens membres (mandat ≥ 2 ans)6 mois après la fin du dernier mandat
❌ Tout licenciement d'un salarié protégé sans autorisation préalable de l'inspection du travail est NUL de plein droit. Le salarié peut être réintégré et obtenir le paiement de tous les salaires perdus.
⚠️ Délit d'entrave (art. L.2316-1 CT) : toute entrave au fonctionnement du CSE est punissable d'1 an d'emprisonnement et 7 500€ d'amende. Ex : refus de payer les heures de délégation, pression sur un élu, refus de documents obligatoires.
Obligations de confidentialité

🔒 Ce qui est confidentiel

  • Informations présentées par l'employeur comme confidentielles et justifiées
  • Données médicales individuelles des salariés
  • Données personnelles (RGPD)
  • Informations commerciales ou stratégiques sensibles

✅ Ce que la confidentialité ne limite pas

  • Alerter les autorités compétentes (DREETS, CARSAT) en cas de danger grave
  • Informer les salariés sur les risques et leurs droits
  • Diffuser les PV de réunion (hors mentions confidentielles)
  • Signaler des manquements réglementaires à l'inspection du travail
📗 Module 2 · Séquence 3/4

Droit d'alerte en SSCT

Maîtriser les conditions, la procédure et les suites du droit d'alerte face à un danger grave et imminent.

Danger grave et imminent (DGI) — Définition
⚠️ GRAVE

Susceptible de produire un accident ou une maladie entraînant la mort ou une incapacité permanente ou de longue durée. Le caractère grave s'apprécie au regard des conséquences potentielles.

⚡ IMMINENT

Susceptible de se réaliser à brève échéance. Ce n'est pas un risque hypothétique ou lointain : la menace est immédiate et concrète, elle peut se réaliser à tout moment.

❌ Exemples de DGI
  • Machine sans carter utilisée par un opérateur
  • Échafaudage sans garde-corps à 4m de hauteur
  • Fuite de gaz ou produit toxique dans un local
  • Travail en espace confiné sans équipement de sauvetage
  • Salarié contraint de travailler sans EPI face à un risque chimique grave
✅ Ce qui n'est pas un DGI
  • Risque de maladie à long terme (ex : exposition chronique faible)
  • Manquement réglementaire sans danger immédiat identifié
  • Gêne ou inconfort sans risque avéré immédiat
  • Conflit relationnel (relève du droit d'alerte RPS)
Procédure de droit d'alerte — Étape par étape
  1. Constatation du DGI par le membre du CSE (ou signalement par un salarié qui peut simultanément exercer son droit de retrait).
  2. Alerte immédiate et écrite de l'employeur — Consigner dans le registre spécial des DGI : date, nature du danger, poste concerné, nom du salarié exposé, signature du membre du CSE.
  3. Enquête immédiate conjointe — L'employeur doit mener une enquête avec le membre du CSE ayant déclenché l'alerte. Ni unilatérale ni différée.
  4. Mesures prises par l'employeur — Consignées sur le registre : mesures pour supprimer ou réduire le danger. Le salarié retiré ne reprend le travail que si le danger est écarté.
  5. Désaccord persistant — Si l'employeur conteste l'existence du DGI : réunion d'urgence du CSE, puis saisine de la DREETS qui peut mettre en demeure ou saisir le juge des référés pour arrêt de l'activité.
❌ L'employeur ne peut pas s'opposer au droit d'alerte. Toute pression ou représaille contre le membre du CSE ayant exercé ce droit constitue un délit d'entrave.
💡 Précision jurisprudentielle 2025 (Cass. soc. avis 12 fév. 2025) : Le juge judiciaire ne peut être saisi sur le fondement de l'art. L.4132-4 que par l'inspecteur du travail. En cas de désaccord persistant, le CSE saisit donc la DREETS, qui peut elle-même saisir le juge si nécessaire. Par ailleurs, un arrêt du 1er oct. 2025 confirme qu'une procédure d'alerte DGI engagée ne fait pas obstacle au recours à l'expertise "risque grave" par le CSE — les deux outils sont complémentaires.
Droit de retrait du salarié (art. L.4131-1 CT)

Distinct du droit d'alerte du CSE, le droit de retrait individuel appartient à chaque salarié. Il peut se retirer d'une situation dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

✅ Conditions valides

  • Motif raisonnable (pas besoin de certitude)
  • Danger grave ET imminent (les deux)
  • Signalement à l'employeur ou son représentant
  • Ne pas créer de danger supplémentaire pour autrui

💛 Conséquences légales

  • Aucune retenue sur salaire possible
  • Aucune sanction disciplinaire possible
  • Le salarié reste à disposition (n'est pas en grève)
  • L'employeur ne peut remplacer le salarié retiré par un autre exposé au même danger
📗 Module 2 · Séquence 4/4

Mener une enquête après accident du travail

Méthode de l'arbre des causes, conduite des entretiens et propositions de mesures préventives.

Pourquoi enquêter ?

L'enquête après AT n'est pas une démarche judiciaire ou disciplinaire : elle vise à comprendre pour prévenir. Son objectif est d'identifier les causes profondes pour éviter que l'accident se reproduise, pas de désigner des coupables.

❌ Ne pas confondre avec
  • Une enquête judiciaire (police, parquet)
  • Une procédure disciplinaire
  • Une recherche de faute ou de responsable
  • Un simple constat factuel sans analyse causale
✅ L'objectif réel
  • Identifier la chaîne causale complète
  • Repérer les facteurs organisationnels et techniques
  • Proposer des mesures de prévention adaptées
  • Éviter la répétition de l'accident
La méthode de l'arbre des causes (INRS — ED 6163)
  1. Recueil exhaustif des faits — Collecter tous les faits ayant précédé l'accident : état des équipements, organisation du travail, formations reçues, instructions données, conditions ambiantes, état du salarié. Ne pas encore chercher les causes à ce stade.
  2. Construction de l'arbre — À partir du dommage, poser pour chaque fait la question : "Par quoi ce fait a-t-il été provoqué ?" Relations EN (causes multiples nécessaires simultanément) et OU (une cause suffit).
  3. Identification des mesures préventives — Pour chaque cause racine, proposer une ou plusieurs mesures de prévention. Classer selon les 9 principes généraux (supprimer la cause est préférable à la protéger).
  4. Mise en œuvre et suivi — Prioriser selon urgence et efficacité, désigner des responsables, fixer des délais. Suivi lors des réunions CSE suivantes.
🧩 Cas pratique — Arbre des causes simplifié

Accident : Luc, préparateur de commandes, chute en descendant d'un chariot élévateur → fracture de la cheville.

Faits recueillis : Sol mouillé (livraison récente non balisée), chaussures de ville (pas d'EPI), 3 semaines d'heures supplémentaires imposées (fatigue), chariot sans marchepied adapté, accueil sécurité remontant à 6 mois sans mise à jour.

Causes identifiées : 1) Sol non balisé après livraison. 2) Absence de vérification du port des EPI. 3) Surcharge de travail chronique. 4) Chariot non conforme (absence de marchepied).

Mesures proposées : P3 → Procédure de balisage immédiat après livraison. P8 → Marchepieds conformes sur tous les chariots. P7 → Contrôles EPI planifiés. P2 → Révision DUERP avec charge de travail réelle.

Conduite des entretiens lors de l'enquête
  • Interviewer : la victime (si son état le permet), les témoins directs, les collègues proches, l'encadrement immédiat, le responsable sécurité
  • Utiliser des questions ouvertes : "Racontez-moi comment se déroulait votre journée avant l'accident"
  • Éviter les questions suggestives ou qui cherchent à confirmer une hypothèse préconçue
  • Distinguer rigoureusement les faits des interprétations : "le sol était mouillé" (fait) ≠ "il était distrait" (interprétation)
  • Réaliser les entretiens dans un lieu neutre et confidentiel, en précisant l'objectif : prévention, pas sanction
💡 Le rapport d'enquête est présenté en réunion CSE plénière. L'employeur doit informer le CSE des suites données aux propositions, dans un délai défini et consigné dans le PV.
📙 Module 3 · Séquence 1/5

Observer le travail réel

Méthode rigoureuse pour analyser les situations de travail et identifier les risques cachés dans les écarts.

Travail prescrit vs Travail réel
📋 Travail PRESCRIT

Ce que l'organisation définit : procédures, modes opératoires, fiches de poste, consignes de sécurité. C'est le travail théoriquement attendu.

Ex : "Le salarié porte son masque lors de la manipulation du produit X"

👷 Travail RÉEL

Ce que le salarié fait vraiment pour atteindre les objectifs malgré les contraintes, imprévus et variabilités. Il adapte, improvise, "se débrouille".

Ex : Le salarié ne porte pas le masque "car ça étouffe et ça ralentit trop"

L'écart entre travail prescrit et travail réel n'est pas une faute du salarié. C'est souvent le signe que les conditions de travail ne permettent pas d'appliquer les procédures telles qu'écrites. C'est là que se cachent les risques les plus importants — ceux qui ne figurent pas dans le DUERP formel.

💡 Les salariés précaires (intérimaires, CDD) et les travailleurs d'entreprises extérieures sont statistiquement 2× plus exposés aux AT. Porter une attention particulière à ces populations lors des visites.
Méthode de visite et d'observation terrain
  1. Préparer la visite — Consulter le DUERP du secteur, les AT récents, les fiches de poste et les résultats de mesurages. Définir les points à observer. Prévenir le responsable de secteur.
  2. Observer sans perturber — Regarder le travail dans ses conditions habituelles. Ne pas intervenir pour "corriger" : l'objectif est de voir ce qui se passe réellement.
  3. Analyser gestes, postures, mouvements — Port de charges, postures contraintes, mouvements répétitifs, vibrations, positionnement par rapport aux outils et machines.
  4. Repérer les dysfonctionnements — Pannes fréquentes, modes dégradés, workarounds habituels, EPI mal portés ou absents, produits mal stockés.
  5. Recueillir la parole des travailleurs — Questions ouvertes sur le travail réel, les difficultés quotidiennes, les "petits arrangements". Attention particulière aux salariés précaires et aux nouveaux.
  6. Consulter les données existantes — Registre des accidents bénins, fiches de signalement interne, données d'absentéisme par secteur.
  7. Documenter et synthétiser — Rapport de visite avec risques identifiés et propositions, présenté au CSE lors de la réunion suivante.
Dimensions à analyser
  • État des machines, équipements (maintenance, vétusté, conformité CE)
  • Présence et efficacité des protecteurs et dispositifs de sécurité
  • Adéquation des outils aux tâches effectuées réellement
  • Qualité, disponibilité et entretien des EPI
  • Signalisation de sécurité (complète, lisible, à jour)
  • Circuits de circulation (séparation piétons/chariots, balisage)
  • Charge de travail réelle vs capacité humaine (flux tendu, pression temporelle)
  • Organisation des pauses et des rotations de postes
  • Gestion de la polyvalence et des remplacements (intérim)
  • Clarté des rôles, procédures et responsabilités
  • Gestion des situations dégradées (pannes, absences, pics d'activité)
  • Sous-traitance et coactivité sur site
  • Niveau de formation et d'expérience au poste réel (pas seulement le CV)
  • Qualité de l'accueil sécurité reçu
  • Relations avec le management (soutien, reconnaissance, communication)
  • Sentiment d'autonomie et de maîtrise du travail
  • Signaux de stress, de fatigue, de démotivation visible
  • Situation des salariés vulnérables (restriction médicale, retour AT)
  • Niveau sonore (suspicion de dépassement des 80 dB(A) : demander mésurage CARSAT)
  • Éclairage (quantité et qualité, éblouissements, zones d'ombre)
  • Température et hygrométrie (chaleur été, froid entrepôts, courants d'air)
  • Qualité de l'air (poussières, fumées, vapeurs, ventilation générale)
  • Vibrations (outils vibrants, conduite d'engins sur sol irrégulier)
  • Organisation des espaces (rangement, encombrement, accès aux issues de secours)
📙 Module 3 · Séquence 2/5

DUERP & PAPRIPACT

Comprendre, analyser et contribuer au Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels.

Le DUERP — Fondamentaux légaux
ObligationContenu / Délai
Obligation de baseToute entreprise d'au moins 1 salarié (décret 5/11/2001, art. R.4121-1 CT)
Mise à jour annuelleAu minimum 1 fois par an (entreprises ≥ 11 salariés)
Mise à jour événementielleAprès tout AT grave, toute modification importante (procédé, organisation, locaux, produits)
Conservation40 ans depuis la loi 2021. Toutes les versions successives conservées.
AccessibilitéTous les travailleurs, CSE, DREETS, SPST, CARSAT. Affichage des modalités d'accès.
PAPRIPACT obligatoireEntreprises ≥ 50 salariés — plan d'action annuel découlant du DUERP
Sanction1 500€ d'amende (3 000€ récidive) en cas d'absence ou d'insuffisance
Le DUERP "vitrine" : un DUERP trop parfait peut être suspect. Le CSE doit vérifier que les risques correspondent à la réalité du terrain, que les mesures prévues sont réellement mises en œuvre, et que les secteurs à problèmes ne sont pas édulcorés.
Comment analyser un DUERP

Le DUERP doit décrire les risques par unité de travail (poste, atelier, service). Pour chaque risque :

Unité de travailRisque identifiéSituation dangereusePGCotationMesures prévues
Atelier productionRisque bruitExposition > 85 dB(A)339 — ÉlevéSilencieux machines + EPI + formation
Bureau administratifTMSTravail prolongé sur écran428 — MoyenRéglage poste, pauses actives
Entrepôt logistiqueChutes de plain-piedSol glissant, encombré3412 — CritiqueNettoyage, balisage, chaussures EPI
  1. Vérifier que toutes les unités de travail sont couvertes (y compris les zones de bureau, d'entretien, les postes atypiques)
  2. Contrôler la réalité des cotations (ni trop basses pour minimiser, ni artificiellement élevées)
  3. Vérifier la mise en œuvre effective des mesures prévues lors des visites de terrain
  4. Demander les mesurages manquants (bruit, poussières, chimiques) si le DUERP s'appuie sur des estimations
🌡️ Nouveau — Risque chaleur intense dans le DUERP (Décret n°2025-482 du 27 mai 2025)

Depuis le 1er juillet 2025, tout employeur doit obligatoirement évaluer et intégrer le risque lié aux épisodes de chaleur intense dans le DUERP, et prévoir une liste de mesures de prévention adaptées.

🌡️ Niveaux de vigilance Météo-France

  • Jaune — Pic de chaleur (1 à 2 jours) : mesures préventives de base
  • Orange — Canicule durable : mesures renforcées, suivi des personnes vulnérables
  • Rouge — Canicule extrême : mesures maximales, possibilité de suspension d'activité

✅ Mesures obligatoires à prévoir

  • Mise à disposition d'eau potable fraîche
  • Aménagement des horaires (travaux les plus pénibles en heures fraîches)
  • Temps de repos supplémentaires
  • Information et formation des salariés sur les risques chaleur
  • Consultation du CSE sur les EPI adaptés aux conditions thermiques
⚠️ Rôle du CSE : vérifier que le DUERP comporte bien un volet "risques thermiques" actualisé, et que les mesures prévues sont effectives dès les premiers épisodes de chaleur signalés. L'IT peut mettre en demeure l'employeur en l'absence de mesures définies.
Le PAPRIPACT — Plan d'action annuel

📋 Contenu obligatoire

  • Liste des mesures de prévention prévues
  • Objectifs chiffrés et indicateurs de résultat
  • Délais de réalisation
  • Responsables désignés pour chaque action
  • Ressources allouées (budget, personnel)

📅 Calendrier de consultation

  • Bilan de l'année N-1 présenté en début d'année N
  • Programme de l'année N soumis à consultation
  • Le CSE émet un avis motivé sur le programme
  • Suivi trimestriel lors des réunions SSCT
✅ Le CSE peut proposer ses propres mesures dans le PAPRIPACT et demander l'inscription de mesures spécifiques. L'employeur doit motiver s'il ne les intègre pas.
📙 Module 3 · Séquence 3/5

Risques Psychosociaux (RPS)

Identifier, comprendre et agir face aux RPS : stress, burn-out, harcèlement.

Définition et cadre légal des RPS

Les Risques Psychosociaux émergent à l'interface entre l'individu et sa situation de travail. Ce ne sont pas des risques propres à des personnes "fragiles" : ils résultent des conditions de travail et de l'organisation. Ils peuvent affecter la santé mentale, physique et sociale des travailleurs.

Depuis l'ANI stress au travail (2008) et l'ANI harcèlement et violence (2010), les RPS font partie intégrante des risques professionnels à évaluer dans le DUERP. Leur non-prise en compte peut engager la responsabilité civile et pénale de l'employeur.

6 familles de facteurs RPS — Rapport Gollac 2011
1 · Intensité et temps de travail

Surcharge quantitative (trop de travail) ou qualitative (trop difficile), objectifs irréalistes, délais impossibles, travail sous urgence permanente, heures supplémentaires imposées, travail de nuit ou posté. Signaux : absentéisme, erreurs fréquentes, plaintes de salariés "qui n'ont pas le temps de bien faire leur travail".

2 · Exigences émotionnelles

Contact permanent avec la souffrance (soignants, travailleurs sociaux), obligation de masquer ses émotions ("travail émotionnel"), violence verbale ou physique de la clientèle, travail sous le regard du public. Particulièrement présent dans les métiers de service, de soin et d'enseignement.

3 · Autonomie insuffisante

Absence de marges de manœuvre pour organiser son travail, travail très répétitif avec peu de variété, impossibilité d'utiliser ou de développer ses compétences, faible participation aux décisions, absence de contrôle sur son rythme. L'autonomie est un facteur protecteur : son absence est un facteur de risque majeur.

4 · Relations sociales dégradées

Manque de soutien des collègues ou du manager, conflits interpersonnels, concurrence entre collègues, management par la peur, reconnaissance insuffisante du travail accompli, justice organisationnelle perçue comme inéquitable.

5 · Conflits de valeurs

Devoir faire quelque chose de contraire à ses valeurs professionnelles ou éthiques, "qualité empêchée" (vouloir bien faire mais ne pas en avoir les moyens), inutilité perçue du travail. Très présent dans les métiers à forte vocation et lors des restructurations.

6 · Insécurité de la situation de travail

Peur de perdre son emploi (restructurations, CDD, intérim), incertitudes sur l'avenir de l'entreprise, changements organisationnels non maîtrisés, risque de déclassement. La simple anticipation d'un risque a des effets mesurables sur la santé.

Harcèlement moral et sexuel — Définitions
⚠️ Harcèlement moral (art. L.1152-1)

Agissements RÉPÉTÉS dégradant les conditions de travail et portant atteinte aux droits, à la dignité, à la santé ou à l'avenir professionnel.

Punissable : 2 ans d'emprisonnement + 30 000€ d'amende.

⚠️ Harcèlement sexuel (art. L.1153-1)

Propos ou comportements à connotation sexuelle répétés portant atteinte à la dignité ou créant une situation intimidante, hostile ou offensante.

Peut concerner un seul acte si pression grave et caractérisée.

✅ En cas de signalement de harcèlement, l'employeur a une obligation d'enquête interne. Le CSE peut demander à être associé. L'absence de mesures peut engager la responsabilité pénale de l'employeur.
📙 Module 3 · Séquence 4/5

TMS & Ergonomie

Comprendre les troubles musculo-squelettiques, leurs causes et les leviers d'action préventifs.

Les TMS — 1re cause de maladie professionnelle
87%
des MP reconnues
~40 000
nouveaux cas/an
2 Md€
coût annuel estimé

Les TMS affectent les muscles, tendons, nerfs et articulations principalement au niveau des membres supérieurs (épaule, coude, poignet), du dos et des membres inférieurs. Ils s'installent progressivement et sont souvent sous-déclarés.

Facteurs de risque TMS
  • Répétitivité des gestes — Mouvements identiques > 2x/min sur une période prolongée
  • Efforts excessifs — Port de charges lourdes (>25kg hommes, >15kg femmes selon recommandations), serrage avec force
  • Postures contraintes — Bras en l'air, dos penché, torsion du tronc, travail à genoux
  • Vibrations — Outils vibrants (meuleuse, marteau-piqueur), conduite d'engins sur sol irrégulier
  • Froid et contact avec surfaces froides — Ralentit la circulation, augmente la sensibilité
  • Rythme imposé (cadence machine, flux tendu, objectifs chiffrés)
  • Récupération insuffisante (pauses trop courtes ou inexistantes)
  • Manque de polyvalence et absence de rotation des postes
  • Horaires atypiques amplifiant la fatigue (nuit, travail posté)
  • Absence d'adaptation du poste pour les salariés en restriction médicale
  • Forte pression temporelle et charge mentale élevée (aggravent la perception de la douleur)
  • Faible autonomie (impossibilité de gérer son rythme)
  • Manque de soutien social (isolement, ambiance dégradée)
  • Faible reconnaissance du travail accompli
  • Les facteurs psychosociaux amplifient significativement les effets des contraintes physiques
Tableaux de MP TMS principaux
TableauAffectionPostes concernés
N° 57Affections péri-articulaires membres supérieurs (tendinites, épicondylites, canal carpien…)Opérateurs production, caissiers, BTP
N° 69Affections par vibrations et chocs (outils vibrants)Meuleurs, conducteurs d'engins, BTP
N° 79Lésions chroniques du ménisqueCarreleurs, plombiers, postes agenouillés
N° 97Affections chroniques rachis lombaire par manutentions manuellesAides-soignants, magasiniers, déménageurs
N° 98Affections chroniques rachis lombaire par vibrations corps entierConducteurs de véhicules, caristes
💡 La formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) est une solution efficace de prévention primaire des TMS. Le CSE peut demander son intégration dans le plan de développement des compétences.
📙 Module 3 · Séquence 5/5

Risques chimiques & CMR

Identifier les agents chimiques dangereux, les voies d'exposition et les obligations réglementaires renforcées.

Classification des agents chimiques — Pictogrammes SGH
CatégoriePictogrammeExemples courants
Explosifs💥 SGH01Solvants en atmosphère confinée, poussières combustibles
Inflammables🔥 SGH02Alcool, acétone, éther, essence
Comburants⭕ SGH03Peroxyde d'hydrogène concentré, chlorates
Gaz sous pression🔵 SGH04Bouteilles de gaz industriels, aérosols
Corrosifs🧪 SGH05Acides, bases fortes, javel concentrée
Toxiques aigus☠️ SGH06Pesticides organophosphorés, cyanures
CMR / Sensibilisants⚠️ SGH08Amiante, benzène, formaldéhyde, silice cristalline
Dangereux environnement🐟 SGH09Huiles usagées, PCB, mercure
CMR — Réglementation renforcée

Les agents Cancérogènes, Mutagènes ou Reprotoxiques (CMR) font l'objet d'une réglementation spécifique (art. R.4412-59 CT). La règle d'or : substituer d'abord, puis si impossible, encadrer très strictement.

⛔ Obligations renforcées

  • Substitution obligatoire si techniquement possible
  • Mesurages réguliers de l'exposition (VLEP)
  • Suivi médical renforcé (post-exposition possible)
  • Formation spécifique des salariés exposés
  • Limitation maximale du nombre de salariés exposés

📋 Droits du CSE

  • Accès à la liste de tous les CMR utilisés
  • Accès aux résultats de mesurages d'exposition
  • Accès à toutes les FDS (Fiches de Données de Sécurité)
  • Consultation avant toute introduction d'un nouveau CMR
  • Consultation sur la démarche de substitution
Valeurs Limites d'Exposition Professionnelle (VLEP)
🔴 VLEP contraignante

Valeur réglementaire à ne pas dépasser. Son dépassement constitue une infraction pénale. S'applique notamment aux CMR et agents biologiques.

🟡 VLEP indicative

Valeur de référence recommandée. Son dépassement n'est pas une infraction en soi mais signale une inadéquation des mesures de prévention.

💡 Le CSE peut demander à l'employeur les résultats des mesurages d'exposition aux agents chimiques. En cas de dépassement de VLEP contraignante, il peut exiger un plan d'action immédiat et saisir la DREETS.
📕 Module 4 · Séquence 1/4

Promotion de la prévention & Communication

Informer efficacement tous les salariés et faire rayonner la mission SSCT du CSE.

Cibles et messages de communication
CibleMessages prioritairesOutils adaptés
Ensemble des salariésExistence du CSE, droits, résultats des actionsAffichage, PV diffusés, newsletter, intranet
Intérimaires et CDDRisques spécifiques du poste, référents CSELivret d'accueil, affichage poste, accueil sécurité
Sous-traitantsRègles de sécurité du site, plan de préventionRéunion de coordination, plan de prévention affiché
EncadrementObligations légales, culture préventionPrésentation en réunion de direction
Nouveaux embauchésRisques, EPI, procédures d'urgence, CSEAccueil sécurité structuré, visite de site
💡 Le CSE doit s'assurer que les intérimaires et sous-traitants reçoivent les mêmes informations de sécurité que les permanents. Ce sont eux qui sont statistiquement les plus exposés aux accidents.
Rédiger un bon procès-verbal de réunion CSE
  1. Fidélité et objectivité — Retranscrire fidèlement les échanges et les positions de chaque partie. Ne pas prendre parti dans la rédaction.
  2. Structure claire — Distinguer les points d'information (l'employeur informe), de consultation (avis du CSE), les propositions du CSE et les réponses de l'employeur.
  3. Consigner les avis avec leur motivation et le résultat du vote (pour / contre / abstentions).
  4. Mentionner les délais accordés à l'employeur pour les consultations et les engagements pris.
  5. Diffuser dans les 15 jours suivant la réunion. Accessible par affichage ou voie électronique à tous les salariés.
  6. Approuver le PV lors de la réunion suivante selon le règlement intérieur du CSE.
⚠️ L'employeur ne peut pas s'opposer à la diffusion du PV aux salariés. Les informations présentées comme confidentielles peuvent être retirées de la version diffusée, mais le reste doit être accessible.
Accueil sécurité des nouveaux arrivants

La formation à la sécurité lors de l'embauche et à la prise de poste est une obligation légale (art. L.4141-2 CT). Elle doit être pratique, adaptée au poste réel, et répétée lors de tout changement de poste ou de technique exposant à de nouveaux risques.

  • Demander le programme d'accueil sécurité et vérifier qu'il couvre les risques réels du poste
  • Vérifier que les intérimaires et sous-traitants reçoivent un accueil adapté (pas seulement les CDI)
  • Proposer des améliorations si l'accueil est insuffisant ou purement formel (signature d'une feuille ≠ formation)
  • Demander les registres de formation sécurité pour s'assurer de l'exhaustivité
📕 Module 4 · Séquence 2/4

Veille & Mobilisation des ressources

Assurer une veille réglementaire et technique, mobiliser les bons interlocuteurs au bon moment.

Organiser sa veille SSCT
📜 Veille réglementaire
  • Journal Officiel (legifrance.gouv.fr)
  • Circulaires et instructions DGT (travail.gouv.fr)
  • Bulletins de veille INRS (HST — Hygiène et Sécurité du Travail)
  • Newsletter CARSAT/CRAMIF de la région
  • Publications ANACT sur les conditions de travail
🔧 Veille technique
  • Revues professionnelles du secteur
  • Bulletins des organismes professionnels (OPCO, fédérations)
  • Alertes de sécurité INRS (machines, produits chimiques)
  • Nouvelles technologies introduites dans l'entreprise
  • Échanges avec les CSE d'autres établissements
💡 Anticipation : ne pas attendre d'être saisi. Le CSE doit demander à être informé en amont de tout projet (déménagement, nouvelle machine, sous-traitance, réorganisation) et exiger d'être consulté avant les décisions irréversibles.
Quand solliciter quel acteur externe
SituationInterlocuteurComment
DGI non résoluDREETS (inspection du travail)Appel direct ou saisine écrite — sans autorisation
Risque complexe à évaluerCARSAT / CRAMIFContact direct — préventeurs disponibles gratuitement
Questions de santé des salariésMédecin du travail (SPST)Invitation à la réunion CSE ou contact direct
Expertise risque grave ou projet importantExpert agréé CSEVote CSE → lettre de mission → rapport
Amélioration conditions de travailANACT / ARACT régionaleContact direct — accompagnement possible
Ressources documentairesINRSinrs.fr — brochures, e-learning, numéro service
Recours à l'expert agréé — Mode d'emploi
  1. Vote du CSE à la majorité — Inscrire à l'ordre du jour, délibérer, voter, consigner dans le PV.
  2. Choisir l'expert sur la liste officielle des experts agréés (Ministère du Travail). Vérifier l'agrément en cours de validité et la compétence dans le domaine concerné.
  3. Lettre de mission — Objet de la mission, questions à résoudre, délai de remise du rapport, conditions d'accès aux locaux et documents.
  4. Déroulement — L'expert accède aux locaux, documents et peut interviewer les salariés. L'employeur ne peut pas s'y opposer.
  5. Rapport et suite — Présenté en réunion CSE. Les préconisations sont soumises à l'employeur pour plan d'action. Suivi lors des réunions SSCT suivantes.
❌ L'employeur peut contester le recours à l'expert devant le tribunal judiciaire dans les 10 jours suivant la délibération. Cette procédure ne suspend pas la mission sauf décision de justice.
📕 Module 4 · Séquence 3/4

Information, Consultation & Avis motivé

Exercer efficacement le droit à l'information et à la consultation du CSE et construire des avis robustes.

Documents obligatoirement communiqués au CSE

📂 Documents annuels

  • DUERP et ses mises à jour
  • PAPRIPACT (programme annuel de prévention)
  • Rapport annuel santé, sécurité, conditions de travail
  • Statistiques AT/MP de l'établissement
  • Bilan de la formation à la sécurité

📂 Documents à la demande

  • Registres AT bénins et DGI
  • FDS de tous les produits utilisés
  • Résultats de mesurages (bruit, chimiques, poussières)
  • Rapports de vérifications périodiques
  • Plans de prévention avec entreprises extérieures
  • Protocoles de sécurité (chargement/déchargement)
✅ Ces documents doivent être mis à disposition AVANT les réunions, dans des délais permettant un examen sérieux. Le CSE peut demander un délai supplémentaire si les documents sont remis trop tardivement.
Consultations obligatoires
ObjetMomentDélai CSE
Programme annuel de prévention (PAPRIPACT)Début d'année1 mois (2 mois si expertise)
Bilan annuel AT/MP et conditions de travailAprès clôture exercice1 mois
Introduction de nouvelles technologiesAvant toute décision1 mois minimum
Réorganisation impactant conditions de travailAvant mise en œuvre1 mois (2 si expertise)
Mesures après DGIDès que possibleSans délai
Plan de formation sécuritéAvant adoption1 mois
⚠️ Si le CSE ne rend pas son avis dans les délais impartis, il est réputé avoir rendu un avis défavorable. Ne jamais laisser passer les délais sans réagir !
Construire un avis motivé solide
  1. Identifier le cadre — Référencer la consultation (objet, date de saisine), rappeler les textes applicables (articles CT, accords de branche).
  2. Analyser le projet — Points positifs, insuffisances, risques non pris en compte, comparaison avec les exigences légales et bonnes pratiques.
  3. Recueillir la parole des salariés — Mentionner les remontées terrain (sans identifier nominalement) : cela renforce le poids de l'avis.
  4. Formuler l'avis — Favorable / Défavorable / Favorable sous réserves. Toujours argumenté.
  5. Proposer des alternatives — En cas d'avis défavorable : ce qui permettrait de rendre le projet acceptable (mesures compensatoires, études complémentaires, délais).
  6. Voter et consigner — Résultat du vote (pour/contre/abstentions) consigné dans le PV.
🧩 Exemple d'avis motivé — Introduction d'un nouveau procédé

"Le CSE, consulté le [date] sur l'introduction du procédé de peinture électrostatique dans l'atelier B, émet un avis défavorable pour les raisons suivantes :

1) Les FDS des nouvelles poudres utilisées n'ont pas été transmises avant la réunion. 2) La ventilation de l'atelier B n'a pas été mesurée depuis 3 ans ; une vérification préalable par organisme accrédité est indispensable. 3) Plusieurs opérateurs concernés n'ont pas été inclus dans la démarche de consultation préalable.

Le CSE demande : communication des FDS, mésurage de la ventilation, réunion avec les opérateurs avant mise en service. Il sera disposé à réévaluer sa position à réception de ces éléments."

📕 Module 4 · Séquence 4/4

Négocier, convaincre & défendre les salariés

Techniques de communication, d'argumentation et de négociation pour le membre du CSE en réunion.

Posture efficace en réunion

✅ Postures efficaces

  • S'appuyer sur des faits objectifs et des données chiffrées
  • Attaquer le problème, pas l'employeur personnellement
  • Écouter activement avant de répondre
  • Formuler des demandes concrètes et réalistes
  • Proposer des solutions alternatives plutôt que bloquer
  • Consulter ses collègues élus avant de s'engager

❌ Postures contre-productives

  • Se laisser emporter par l'émotion ou la colère
  • Faire des généralités sans exemples précis
  • Prendre des engagements sans mandat de ses collègues
  • Menacer sans pouvoir donner suite (perte de crédibilité)
  • Confondre intérêts collectifs et individuels
  • Improviser sur des sujets techniques complexes
Préparer une réunion CSE-SSCT
  1. Recueillir les informations des salariés — Faire le tour du terrain avant la réunion, écouter les remontées, noter les faits précis (dates, lieux, personnes concernées).
  2. Analyser les documents transmis — Lire attentivement le rapport annuel, le PAPRIPACT, les statistiques AT. Identifier les incohérences et les manquements.
  3. Se documenter — Textes réglementaires applicables, recommandations INRS, données de sinistralité de branche pour avoir des référentiels de comparaison.
  4. Préparer ses arguments — Pour chaque demande : problème constaté (preuves), règle applicable, mesure demandée, impact attendu, position de repli réaliste.
  5. Coordonner avec les autres membres — Réunion préparatoire entre élus pour aligner les positions et répartir les interventions.
4 types d'arguments efficaces
📊 Par les chiffres

Utiliser les statistiques AT/MP de l'établissement et les comparer aux moyennes nationales ou de branche. "Notre taux de fréquence est de X pour 1M d'heures, contre Y pour la branche — nous avons un niveau de sinistralité supérieur de 30% à la moyenne." Source : rapport annuel + données CNAM (ameli.fr).

⚖️ Par le droit

Référencer précisément les articles du Code du travail, décrets et normes. "L'article R.4412-149 exige un mésurage annuel de l'exposition au bruit. Le dernier mésurage date de 3 ans — c'est une non-conformité réglementaire caractérisée." L'argument juridique avec sources exactes est difficile à contrer.

👷 Par le vécu des salariés

Relater des faits précis rapportés par des salariés (sans les nommer si cela peut les exposer). "Plusieurs opérateurs de la ligne 3 ont signalé que le chariot n'est plus opérationnel depuis 2 semaines et qu'ils portent manuellement des charges de 30kg plusieurs fois par heure." Donner la parole aux salariés indirectement renforce la légitimité.

💰 Par le coût économique

Montrer que la prévention est moins coûteuse que la réparation. "Cet investissement dans la ventilation de l'atelier A coûte 15 000€. Un seul AT grave lié à l'exposition chimique a coûté 47 000€ à l'entreprise l'an dernier (données rapport annuel). La prévention est rentable." L'argument économique est souvent décisif avec la direction.

📝 Évaluation intermédiaire

Quiz — Modules 1 & 2

Seuil de validation : 70%. Fondamentaux, cadre légal, acteurs et droits du CSE.

📝 Évaluation intermédiaire

Quiz — Modules 3 & 4

Seuil de validation : 70%. Analyse des risques, action et communication.

🏆 Examen final

Évaluation finale — Tous modules

Questions portant sur l'ensemble des 4 modules. Seuil de validation : 70%.

🎓 Certification

Attestation de formation

Félicitations ! Vous avez complété la formation SSCT pour membres du CSE.

🎓
ATTESTATION DE FORMATION
Santé, Sécurité et Conditions de Travail — Membres du CSE
Référentiel DIRECCTE · Formation agréée · 2024–2025
Nom du stagiaire :
Date de délivrance :
Durée : 4 modules · 17 séquences · ≈ 5 jours
Organisme : HABANE Jawad — Formateur Pluridisciplinaire
Contenu certifié
  • ✅ Module 1 — Fondamentaux SSCT (4 séquences)
  • ✅ Module 2 — Acteurs & Pouvoirs (4 séquences)
  • ✅ Module 3 — Analyse des risques (5 séquences)
  • ✅ Module 4 — Action & Communication (4 séquences)
Application créée par
HABANE Jawad
Formateur Pluridisciplinaire · Ex-Sapeur-Pompier de Paris (BSPP)
✉️ habanejawad@gmail.com
Pour toute suggestion, remarque ou amélioration — vos retours sont les bienvenus !
habane-jawad.netlify.app · Mise à jour réglementaire juin 2026